Alice, 39 ans, Café Mirette, Janvier 2026
Alice, Studio, Paris, Février 2026
Alice, Studio, Paris, Février 2026
Alice, Studio, Paris, Février 2026
Clara, 23 ans, dans les rues de Paris, Janvier 2026
précis dans mon ventre.
Elle s’enfonce et s’enlève à intervalles réguliers. C'est permanent.
Ça ne s’arrête jamais.
Je me réveille, et je pense, c’est là, je me prépare, je marche, je suis debout dans le métro, chaque fois
que l’on pose ses yeux sur moi, cette douleur me cisaille, malgré mon sourire, ma concentration ou mon agacement, elle est là et je la sens.
Décembre 2025 : je suis assise par terre dans mon salon, une bouillotte contre le ventre. J’avais prévu ma journée, mais c’est à 9h ce matin que les douleurs ont frappé dans mon ventre. J’ai remplacé le travail par les allers-retours aux toilettes et les arrêts dans l’appartement, « cette foutue nausée va-t-elle finir par me faire vomir ? ». Je m’assois, je me tords et j’essaye de trouver la position qui fera passer la douleur.
Février 2026 : aujourd’hui, les douleurs de mes règles m’ont réveillé à 6h27. Je n’ai pas pu me rendormir. J’ai voulu appeler les urgences et puis j’ai pensé « à quoi bon ?». Que vont-ils faire ? Rien. Alors, j’ai juste crié en silence, en attendant de pouvoir me lever.
Ce sont mes troisièmes règles depuis qu’une gynéco m’a dit d’arrêter la pilule. Ça faisait huit ans que je ne saignais plus. J’ai dû l’arrêter pour faire des analyses et après… Bah… Je reprendrais une autre pilule. Comme un jeu, mon corps se transforme en terrain « Essayons ça, et puis si, et puis encore une autre chose si ça ne fonctionne pas ». Mon corps empâtie.
J’ai l’impression que l’endométriose, c’est ne jamais comprendre, ne jamais savoir ne jamais croire.
L’endométriose, c’est naviguer dans l’auto diagnostic qu’on se retrouve obligée de se faire. Je crois que je suis en colère. En colère depuis des années à ne pas comprendre ce que j’ai, ne pas être prise au sérieux.
Je suis assise et la seule chose à laquelle je peux penser, c’est à quel point j’aimerais pouvoir enfoncer ma main dans mon ventre, qu’elle transperce ma peau, et attrape mes boyaux que ma main aille jusque dans mes reins. Qu’elle serre fort mes entrailles, et qu’enfin, elle puisse les arracher d’un coup sec. Mes ovaires, mon utérus, mon colon, mes reins et mes trompes.
Je sers fort mon ventre, pour ne plus les sentir, rien n’y fait, j’ai des sueurs froides, des gouttes perlent sur mon front, des douleurs stridentes descendent dans mes fesses.
Je reste là accroupie au milieu du salon.
L’endométriose ou plutôt s’arrêter en pleine rue n’importe où n’importe quand, je m’assois sur les trottoirs qui longent les rues de ces villes. Les villes ont beau changer, c’est toujours la même chose. Je m’assois, je ne peux plus bouger, je me tords, mes yeux se remplissent de larmes, et j’attends que ça passe. Parce que cette douleur, qui me donne envie d’arracher les entrailles de mon corps, est invisible et incomprise.
Olivia, 28 ans, Salle d’escalade, Arkose Montmartre, Janvier 2026
Olivia, Studio, Paris, Février 2026
Olivia, Studio, Paris, Février 2026
Olivia, Studio, Paris, Février 2026
Riya, 19 ans, Lac de Gagny, Janvier 2026
Riya, Studio, Paris, Février 2026
Riya, Studio, Paris, Février 2026
Riya, Studio, Paris, Février 2026
Suzanne, 27 ans, dans sa salle de bain, Paris, Janvier 2026
Suzanne, Studio, Paris, Février 2026
Suzanne, Studio, Paris, Février 2026
Suzanne, Studio, Paris, Février 2026
Swan, 22 ans, Paris, Janvier 2026
Swan, Studio, Paris, Février 2026
Swan, Studio, Paris, Février 2026